Le nombre de cancers du système digestif chez les moins de 50 ans est en augmentation constante. Face à ce phénomène préoccupant, l’Institut Gustave-Roussy lance le programme Yoda (Young Onset Digestive Adenocarcinoma), un projet de recherche visant à mieux comprendre les causes de cette hausse.
Si les cancers du côlon, du pancréas ou du foie restent relativement rares chez les jeunes adultes, leur incidence a nettement augmenté ces dernières décennies. En France, le nombre de cancers colorectaux diagnostiqués chez les hommes de 40 ans est passé de moins de 10 pour 100 000 habitants en 1990 à 14 aujourd’hui. Aux États-Unis, une personne née en 1990 a un risque 2,5 fois plus élevé de développer un cancer colorectal par rapport à une autre née trente ans plus tôt.
Les causes de cette augmentation restent floues. Les facteurs classiques comme l’obésité, le tabagisme ou l’alcool ne suffisent pas à l’expliquer, car une majorité des patients ne présentent aucun de ces éléments de risque. Pollution, expositions environnementales, perturbateurs endocriniens, modifications du microbiote intestinal : plusieurs hypothèses sont envisagées, mais aucune n’est encore confirmée.
Le programme Yoda prévoit de recruter 300 patients de moins de 50 ans atteints de cancers digestifs au cours du premier semestre 2025. Leur mode de vie, leur alimentation, leur exposition aux polluants et leur profil biologique seront scrutés de près pour tenter d’identifier des éléments déclencheurs. Avec un budget initial de 800 000 euros, l’étude vise à apporter des réponses d’ici trois ans, et pourrait ouvrir la voie à de nouvelles recherches sur des facteurs environnementaux suspects, comme certains pesticides ou perturbateurs endocriniens.
Outre-Atlantique, des chercheurs explorent également d’autres pistes, comme l’impact des antibiotiques sur le microbiote intestinal ou l’influence de l’exposition prolongée aux écrans, qui pourrait perturber les cycles biologiques et favoriser le développement tumoral.
Si l’origine de cette augmentation reste incertaine, une chose est sûre : ces cancers précoces ont un impact majeur sur la vie des patients, et comprendre leurs causes devient une priorité pour la recherche médicale.
Source : Le Parisien
